
Le Groupe ISPIRA poursuit le développement de ses activités de Recherche & Développement en qualité de l’air à travers des projets appliqués à fort enjeu industriel. Dans ce cadre, la thèse de Maria Bou Saad, PhD, soutenue à Aix-Marseille Université, s’inscrit directement dans les travaux menés par le groupe sur la caractérisation des émissions atmosphériques liées aux enrobés bitumineux recyclés (RAP).
Cette recherche porte sur un sujet central pour le secteur routier : l’impact de l’incorporation d’agrégats d’enrobés recyclés sur les émissions générées lors de la production, notamment en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et en composés dérivés.
Enjeux : recyclage des enrobés et qualité de l’air
L’augmentation des taux de recyclage des matériaux routiers constitue un levier important de réduction de l’empreinte environnementale des infrastructures. Toutefois, ce développement doit être accompagné d’une meilleure maîtrise des émissions atmosphériques associées aux procédés de fabrication.
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), générés notamment lors des procédés thermiques appliqués aux matériaux bitumineux, constituent une famille de contaminants atmosphériques à fort enjeu sanitaire, en particulier du fait de l’exposition par inhalation en milieu professionnel et environnemental. Les travaux de recherche conduits au sein du Laboratoire de Chimie de l’Environnement d’Aix-Marseille Université, sous la direction des professeurs Pierre Doumenq et Henri Wortham, en collaboration avec ISPIRA, le Laboratoire MIT (Université Gustave Eiffel) et le Cerema, mettent en évidence les limites structurelles des approches actuelles de caractérisation.
Celles-ci reposent encore majoritairement sur un nombre restreint de composés cibles et sur des protocoles insuffisamment adaptés à la complexité des matrices gazeuses et particulaires émises lors de la production d’enrobés. Cette limitation conduit à une sous-estimation potentielle des expositions réelles, en particulier pour les composés non réglementés et les fractions semi-volatiles. Dans ce contexte, le développement de méthodologies analytiques élargies et robustes, intégrant pleinement la phase gazeuse, constitue un enjeu central tant pour l’amélioration de la métrologie des émissions que pour l’évolution des cadres d’évaluation réglementaires.
Apports de la thèse : méthodes analytiques et compréhension des émissions
Les travaux menés ont permis de développer des méthodologies analytiques adaptées aux matrices complexes associées aux fumées d’enrobés, en intégrant à la fois la phase particulaire et la phase gazeuse. Ces travaux contribuent à une meilleure compréhension des mécanismes de formation des polluants et à l’identification de leviers techniques permettant de limiter les émissions.
Positionnement d’ISPIRA : métrologie et mesures en conditions réelles
Cette thèse s’inscrit dans la continuité des activités d’ISPIRA en mesure de la qualité de l’air et métrologie des polluants en environnement industriel. Le groupe développe des protocoles adaptés aux contraintes de terrain, en particulier pour la caractérisation de polluants organiques complexes dans des contextes tels que les chantiers routiers. Les travaux R&D menés par ISPIRA visent notamment à améliorer la représentativité des prélèvements, la fiabilité des analyses et la prise en compte de polluants non couverts par les référentiels actuels.
Perspectives
Les résultats obtenus contribuent à structurer des approches plus complètes pour l’évaluation des émissions liées aux enrobés recyclés. Ils ouvrent des perspectives en matière d’amélioration des méthodes analytiques, de compréhension des phénomènes d’émission et d’aide à la décision pour les acteurs industriels.
Ces travaux s’inscrivent dans la continuité des projets R&D d’ISPIRA visant à renforcer la qualité des mesures et la connaissance des polluants atmosphériques dans des contextes industriels complexes.