Concilier optimisation de la ventilation et qualité de l’air


Avec le COVID, la qualité de l’air s’est imposée comme un enjeu sanitaire de premier plan

La crise sanitaire a considérablement accéléré la prise de conscience sur la problématique de la qualité de l’air intérieur. En effet, la pandémie du Covid-19 a démontré la nécessité de bien ventiler les bâtiments (aussi bien les bureaux que les ERP ou les logements) puisque le virus est principalement aéroporté donc sa concentration dans l’air intérieur augmente fortement le nombre de contaminations. Dès la première vague, les professionnels du HVAC (Heating, Ventilation, Air- Conditioning), notamment le REHVA (Fédération européenne du chauffage, de la ventilation et de la climatisation), l’AICVF (Association des ingénieurs et techniciens en climatisation, ventilation & froid) et Uniclima (Syndicat des industries Thermiques, Aérauliques et Frigorifiques) ont alors recommandé d’augmenter les débits de ventilation pour renouveler l’air et limiter les recirculations d’air en favorisant la maîtrise et la gestion des apports en air neuf. Par ailleurs, la concentration en CO2 à l’intérieur des locaux occupés s’est imposée comme indicateur de référence du « bon niveau de ventilation ». En effet, en augmentant de 20 % les débits de ventilation d’un local, il est possible de réduire la concentration de CO2 de 10 %.

La crise énergétique nous met devant un dilemme : les objectifs de qualité de l’air et d’optimisation de la consommation énergétique sont-ils compatibles ?

Alors que le coût de l’énergie explose, il devient de plus en plus compliqué d’assurer une bonne qualité de l’air intérieur, sans alourdir démesurément la facture énergétique. Ventiler consomme de l’énergie, aussi bien par le fonctionnement du système de ventilation lui-même que par l’apport d’air neuf qu’il faut chauffer ou refroidir au moment de l’introduire dans le bâtiment.

Il est absolument nécessaire de trouver un équilibre entre qualité de l’air et renouvellement d’air grâce à une ventilation bien conçue, bien installée, bien pilotée et bien maintenue.

Ce n’est pas si facile car la réglementation française est focalisée sur l’optimisation de la consommation énergétique. La RT2012 avait défini un niveau d’exigences correspondant aux normes du Bâtiment Basse Consommation (BBC). La RE2020 va encore plus loin mais traite assez peu de la question de la QAI. Le décret tertiaire, publié en juillet 2019, impose quant à lui des réductions strictes de la consommation d’énergie finale dans les bâtiments à usage tertiaire.

Mais petit à petit, la qualité de l’air s’impose : depuis 2018, la surveillance de la qualité de l’air est obligatoire dans les crèches et écoles maternelles, et depuis 2020 dans les collèges, lycées et centres de loisirs. Cette réglementation d’un genre nouveau devient petit à petit une référence pour d’autres espaces comme les bureaux ou les ERPs « classiques » sans avoir forcément de caractère réglementaire.

On doit alors trouver des solutions pour concilier ces 2 objectifs : dans le logement et les écoles, a minima un système de VMC double flux permet d’assurer un renouvellement efficace de l’air et de récupérer jusqu’à 80 % de la chaleur présente dans l’air vicié extrait. L’air soufflé ainsi canalisé peut aussi être filtré efficacement. Et on peut enfin asservir les débits de ventilation à des mesures en temps réel par des capteurs de CO2 pour adapter le débit en fonction du taux d’occupation et du besoin en renouvellement d’air.

Ce qui est vrai pour les espaces équipés de VMC l’est également pour les espaces ventilés par des Centrales de Traitement d’Air (CTA), avec des enjeux démultipliés, donc davantage de complexité, liée à des sujets connexes comme le niveau acoustique et bien sûr le coût. Il faut travailler avec soin chaque étape : la conception, l’installation, la réception, l’exploitation et la maintenance. Il est également possible d’introduire de l’innovation (monitoring en temps réel, asservissement, technologies de filtration) mais à condition de la maîtriser en conception et de s’assurer que les installateurs et les exploitants sont suffisamment formés pour que l’installation soit totalement opérationnelle.

En parallèle, on pourra d’autant plus optimiser la ventilation qu’on limitera les émissions de polluants dans le bâtiment, qu’elles soient liées aux matériaux de construction ou d’aménagement, ou aux pratiques à l’intérieur du bâtiment. Une surpopulation va générer des pollutions, de même que l’utilisation de la reprographie, ou d’une impression 3D, ou le stockage de déchets par exemple.

 

Le Groupe ISPIRA peut vous accompagner

Le Groupe ISPIRA, leader des métiers de l’air et de la santé environnementale, peut vous accompagner sur ce sujet complexe et aux nombreuses facettes. Les compétences du Groupe nous permettent de couvrir aussi bien les aspects liés à la ventilation qu’à la qualité de l’air, pour comprendre les enjeux, établir un diagnostic spécifique à chaque contexte et vous faire des recommandations concrètes. Notre connaissance fine du bâtiment, de ses contraintes et de ses acteurs nous permettra de proposer des modes opératoires et des solutions efficaces et adaptées.